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Portrait

Aymeric Patricot
L'homme qui frappait les femmes

Philippe Chauveau :
Bonjour Aymeric Patricot. Vous publiez aux éditions Léo Scheer votre troisième roman, mais votre quatrième livre. Ça s'appelle « L'homme qui frappait les femmes ». Un titre déroutant dont on va bien évidemment reparler. L'écriture, c'est quelque chose qui est récurrent maintenant dans votre vie. Le premier titre c'était « Azima la rouge » en 2006. Vous êtes aussi parallèlement professeur de lettres, professeur de français, ce qui veut dire que la lecture, l'écriture, c'est quelque chose qui a germé depuis longtemps chez vous ?

Aymeric Patricot :
Je pense que comme beaucoup de gens qui ont écrit des livres, j'ai toujours écrit, beaucoup lu, donc c'est vrai que ça m'a toujours accompagné et ça s'est cristallisé aux alentours de 25 ans, là je me suis mis à écrire, de façon beaucoup plus quotidienne et c'est vrai que ce n'est pas par hasard si je suis prof de lettres.

Philippe Chauveau :
C'était une envie l'enseignement et l'enseignement des lettres justement ?

Aymeric Patricot :
A 20 ans puisque j'étais en école de commerce, donc je rêvais d'une autre carrière. En fait, je me cherchais un peu. Et puis les années passant, je me suis rendu compte que c'était le seul métier qui me correspondait. J'aime bien transmettre la connaissance, j'aime bien les ados et puis j'aime tellement la littérature que c'est quelque chose dont j'aime parler.

Philippe Chauveau :
J'aimerais que l'on revienne quelques instants sur votre métier. Vous êtes professeur de lettres en banlieues dites « difficiles » et vous avez publiez chez Gallimard un essai « Autoportrait du professeur en territoire difficile ». Pourquoi cette envie de parler de vous et de votre métier ?

Aymeric Patricot :
Ca faisait dix ans que j'étais prof à peu près et je voulais faire un bilan d'un métier qui m'avait changé, qui m'avait ouvert les yeux sur certaines réalités sociales et qui avait aussi modifié mon rapport à l'écriture. D'ailleurs le fait que j'écrive des romans qui puissent paraître un peu brutaux, dérangeant est sans doute lié à tout ce que j'ai vu dans le métier. C'est pour ça aussi que j'ai écrit l'essai. Il a changé ma vision du pays, mais aussi ma vision de la littérature.

Philippe Chauveau :
Et vos références littéraires quelles sont-elles ?

Aymeric Patricot :
Elles ont longtemps été très américaines. J'étais impressionné par la créativité, le côté radical de la création américaine. En ce moment, je reviens vers des classiques français. Je redécouvre Proust, Céline, l'histoire littéraire française du 20e, du 19e, du 18e. Mais disons que j'alterne une lecture de romans contemporains et une lecture plus classique.

Philippe Chauveau :
Ce que vous écrivez ne vous ressemble pas. Vous écrivez des romans qui sont violents, brutaux, il est souvent question de femmes qui sont violentées, alors que lorsqu'on vous voit comme ça, vous avez l'air d'être quelqu'un d'assez posé, calme. Pourquoi écrire sur la violence ?

Aymeric Patricot :
Comme je suis quelqu'un d'assez posé, qui n'aspire qu'à la douceur et au bien-être, la violence me fascine car elle m'est totalement étrangère et elle me fait peur. On est dans une société qui, je pense, devient de plus en plus violente, on peut assister à des choses assez brutales, il suffit d'ouvrir les journaux. Donc il y a un environnement qui est globalement violent. Le cinéma est violent, les jeux vidéos sont violents, la musique est parfois agressive, donc écrire ce genre de roman, c'est s'inscrire dans une tonalité qui est assez contemporaine.

Philippe Chauveau :
Merci Aymeric Patricot. Merci pour votre franchise. Votre actualité chez Léo Scheer, « L'homme qui frappait les femmes ».

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