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Portrait

Béatrice Wilmos
Le cahier des mots perdus

Philippe Chauveau :
Bonjour Béatrice Wilmos. Nous sommes ensemble à l'occasion de la sortie de votre troisième livre, votre troisième roman « Le cahier des mots perdus ». Votre parcours littéraire, comment a-t-il commencé ? Lorsque vous étiez enfant, adolescente, les livres comptaient déjà dans votre vie ?

Béatrice Wilmos :
Oui, les livres comptaient beaucoup. J'ai toujours beaucoup lu. Je ne peux pas dire que j'ai toujours beaucoup écrit, même si ça restait un souhait un peu secret, je ne me suis jamais vraiment décidée à écrire, j'ai attendu assez longtemps pour m'autoriser à écrire puisque j'ai publié mon premier roman en 2007.

Philippe Chauveau :
Quand vous dites « autoriser », c'est parce que vous n'osiez pas ?

Béatrice Wilmos :
Oui, je n'osais pas. Je ne saurais pas dire vraiment pourquoi, mais j'avais l'impression que je n'avais pas le talent ou l'imagination qu'il fallait. Je n'osais pas. Il y avait tellement de livres, tellement de bibliothèques remplies de livres. Et puis j'avais d'autres choses à faire, des enfants à élever. Je n'étais pas dans cette logique d'écrire des livres. Et puis un jour, j'ai fait un atelier d'écriture tout simplement. J'ai profité d'avoir un moment de vacances pour faire un atelier d'écriture sur les techniques du roman. J'ai adoré ce travail. J'ai travaillé tout de suite sur cette imaginaire qui me séduit encore aujourd'hui, à savoir l'Allemagne, la Russie, les temps très chaotique de la guerre. J'ai écrit quelques textes de cette inspiration là à cette atelier et la personne qui animait l'atelier m'a dit que ce serait bien quand même de passer le pas et de ne pas se contenter d'écrire des textes, mais vraiment construire quelque chose, un roman. Voilà, ça a été le déclic et à partir du moment où elle m'a dit ça, je me suis senti autorisé à écrire, comme quoi ça se joue à peu de chose.

Philippe Chauveau :
Vous êtes une femme active, vous travaillez, vous élevez vos enfants, vous avez votre vie de famille et votre vie privée et vous avez besoin pour écrire de vous isoler un peu. Vous aimez aller dans des résidences d'auteurs...

Béatrice Wilmos :
Oui, tout à fait. Du fait que je travaille comme journaliste en communication, c'est donc une écriture très cadrée, assez artificielle, qui m'étouffe un peu, qui m'empêche d'écrire d'une manière plus littéraire, romanesque. Quand j'ai fini d'écrire dans la journée mes articles, le soir, abstraction faite des tâches ménagères, je n'ai vraiment pas le courage de me remettre à une écriture littéraire, donc de temps en temps, je pars quinze jours, trois semaines, voire un mois dans des résidences d'écriture...

Philippe Chauveau :
… On peut expliquer pour les personnes qui nous regardent et qui ne comprennent peut-être pas en quoi ça consiste. Ca se passe comment une résidence d'écriture ?

Béatrice Wilmos :
Ce sont des maisons qui accueillent les écrivains et traducteurs, mais il y a aussi des maisons pour les photographes ou les peintres. On est comme dans une espèce de bulle, on dispose en général d'un petit studio et on est là vraiment que pour écrire.

Philippe Chauveau :
« Le cahier des mots perdus », c'est votre troisième roman. Lorsque vous vous baladez, que vous passez devant les librairies et que vous voyez votre livre en vitrine, que ressentez-vous ?

Béatrice Wilmos :
Pas grand-chose. Quand je publie un livre, c'est comme si je le déposais et qu'il suivait son chemin et ça devient presque une abstraction. Alors je le regarde en coin, je le vois et je me dis « oui oui, c'est bien mon livre que j'ai écrit », mais non, je ne ressens pas, rien de particulier. J'ai l'impression qu'il m'est devenu totalement extérieur.

Philippe Chauveau :
Que vous apporte l'écriture aujourd'hui dans votre vie ?

Béatrice Wilmos :
L'écriture aujourd'hui m'apporte une magnifique échappée dans l'imaginaire, ce que l'on ne peut pas faire dans la vie ordinaire. C'est essentiellement pouvoir transcrire avec des mots tout l'imaginaire que je porte en moi et dont je ne peux pas parler en longueur de journée parce que je risquerai d'ennuyer mes interlocuteurs et ce n'est pas toujours facile à dire et c'est plus facile à écrire.

Philippe Chauveau :
Merci de nous faire partager votre imaginaire. Béatrice Wilmoz, votre troisième roman publié chez Belfond et ça s'appelle « Le cahier des mots perdus »

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