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Portrait

Carole Fives
Que nos vies aient l'air d'un film parfait

Bonjour Carole Fives .
Nous avons grand plaisir à vous accueillir . Vous publiez aux éditions Le Passage  « Que nos vies aient l'air d'un film parfait ».
On avait eu l'occasion de vous découvrir avec ce précédent recueil, « quand nous serons heureux » c'est un recueil de nouvelles .
Et puis il y a aussi la poésie, la littérature jeunesse.L'écriture, comment est-ce arrivé dans votre vie?
L'écriture, c'est arrivé quand j'étais aux beaux arts. On me demandait toujours de justifier ma  pratique picturale, pourquoi tel format, pourquoi tel pinceau, pourquoi vous inspirer de telle photo plutôt que de vidéo?
Bref , il y avait toujours des questionnements?
En gros, on faisait une peinture, il fallait en écrire 3 pages A3 pour justifier sa démarche; il y avait toujours cette question de justifier sa démarche comme si l'ouvre, le tableau, le portrait ne s'imposait pas en lui-même.
Et donc, cela m'a poussée vers l'écriture, parce qu'à force d'essayer d'expliquer mon travail, je me suis rendue compte que c'était presque aussi simple d'écrire.
On l'a compris, vous êtes auteur, vous écrivez, vous peignez, vous êtes artiste, plasticienne. Est ce la même Carole Vives qui peint et qui écrit?
Non, on ne peut vraiment pas dire la même chose avec les deux médiums. La peinture, pour moi, c'est très euphorisant,
si je réussis une toile, je vais avoir un très fort sentiment de bonheur qui va durer quelques jours .
Alors que le livre, comme c'est un travail de longue haleine, il y a un souci de perfection, on peut toujours changer un mot, rendre la lecture plus fluide, toujours améliorer le texte, c'est indéfini.
Donc le sentiment de satisfaction n'est vraiment pas le même.
Vous êtes plus anxieuse à l'écriture, qu'en peinture?
La peinture, on sent vraiment le moment ou on a terminé une toile, ou il ne faut rien rajouter sinon, ça va être la catastrophe.Ce moment-là, je sais le sentir.
Alors qu'en écriture, je pourrai toujours le changer, donc à un moment donné, c'est l'éditeur qui me dit stop, on arrête là.
Y a t il des auteurs qui vous inspirent , qui vous ont donnée envie d'écrire?
Quelqu'un comme Nathalie Sarraute, par exemple, avec un livre comme « tu ne t'aimes pas », qui est un premier livre que j'avais lu d'elle, qui m'a vraiment marquée.
Laurent Mauvignier, que j'aime beaucoup; Sybille Grimbert, qui est une auteur que j'adore, très drôle;
Christine Angot qui m'a « autorisée » a écrire certaines choses que je ne me serais peut être pas autorisée si je ne l'avais pas lue.
C'est quelqu'un dont j'admire beaucoup la démarche en écriture.
Si vous deviez définir votre style, votre façon d'écrire, que diriez-vous?
J'ai fait des études de philosophie,et j'ai une certaine prétention à une certaine vérité, établir une certaine justesse, une certaine vérité, dans l'ordre de la littérature, c'est ce qui m'intéresse.
Lorsqu'on lit votre nouveau titre « Que nos vies aient l'air d'un film parfait » ou le précédent , le recueil de nouvelles, on sent que vous n'êtes pas toujours très tendre avec votre époque, avec vos contemporains.
Évidemment, sur la dictature des apparences, il y a pas mal de choses dont je parle plus subtilement dans mes nouvelles, qu'ici.
Demain, quel parcours auriez vous envie de construire en écriture, vous voulez continuer à vaquer entre la nouvelle, le roman, la littérature jeunesse, ou vous voulez tendre vers la littérature, comme avec ce nouveau titre?
Pour moi, il n'y a pas d'antinomie entre la littérature adulte et la littérature jeunesse.
Les sujets abordés peuvent être les mêmes, parce que mon roman jeunesse « Zara » abordait un sujet qu'était celui de la dépression d'une mère vue par sa fille, donc c'est un sujet très lourd.
Je peux développer l'un et l'autre. Mais j'ai avant tout l'intention de construire une oeuvre effectivement littéraire, c'est plutôt ça qui m'intéresse aussi.
On va suivre votre parcours avec attention, merci Carole Fives . « Que nos vies aient l'air d'un film parfait », c'est votre actualité e c'est aux éditions Le Passage.  

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