< retour s'abonner >
Portrait

Yves Bigot
Quelque chose en nous de Michel Berger

Philippe Chauveau :
Merci de nous recevoir ici, dans votre bureau dans les locaux de RTL. Votre passion c'est la musique, on le sait. Vous publiez d'ailleurs cette biographie de Michel Berger, mais le sport aussi, ça a longtemps fait partie de votre vie et là je reviens un petit peu en arrière. Vous êtes un enfant du sud, vous avez grandi à St Tropez, lorsque vous repensez à toute cette période, Radio Monte Carlo etc, quelles images reviennent instantanément ?

Yves Bigot :
Woah, beaucoup de rigolade, beaucoup d'apprentissage et puis l'azur du ciel, de la mer, c'est bleu là bas.

Philippe Chauveau :
Le football, est ce que desfois c'est un regret de ne pas avoir percé dans le milieu sportif ?

Yves Bigot :
Non c'est pas un regret parce que voilà j'étais pas mauvais mais j'avais pas les qualités nécessaires  pour devenir joueur professionnel donc je suis devenu professionnel du commentaire.

Philippe Chauveau :
Et puis disquaire aussi. Vous avez été l'un des plus jeunes disquaires de France.

Yves Bigot :
Ah ouais c'est vrai quand j'avais 16 ans j'ai été émancipé avec droit de faire du commerce pour pouvoir vendre des disques d'importation à Nice et à St Tropez.

Philippe Chauveau :
Et puis après vous avez pris votre envol avec Radio Monte Carlo, vous avez travaillé sur le Rocher avant de venir sur Paris pour Europe 1. Dans votre famille, la musique a toujours été quelque chose d'important ou c'est vous même..

Yves Bigot :
Non rien du tout alors rien du tout. C'est pour ça d'ailleurs que j'ai pas appris à devenir musicien et à jouer la musique. En écoutant pour le coup vraiment, en écoutant la radio, en entendant Bob Dylan, les Beatles, les Stones, Jimi Hendrix etc. Voilà, d'un seul coup ça me parlait, ça avait une force d'expression et d'inspiration que rien d'autre au monde ne possédait, faut dire c'était les meilleurs années en même temps. C'était un truc tous les 15 jours y'avait un nouvel album, un nouveau groupe, un nouvel artiste plus incroyable que le précédent donc on avait l'impression que ça s'arrêterait jamais, c'était le truc le plus fort au monde.

Philippe Chauveau :
Lorsque vous regardez 40 ans de musique, 40 ans de rock que ce soit le rock anglo-saxons ou français, comment voyez vous l'évolution ?

Yves Bigot :
Je pense qu'il en va du rock comme de tous les grand mouvements artistiques et créatifs et y compris dans la musique du jazz ou d'autres. C'est à dire qu'il y a toujours une période de gestation, on sait pas trop ce que c'est ou on ne se rend même pas compte que ça existe mais y a déjà des trucs. Ensuite y'as le big bang et la période extraordinairement dense, créative, avec sans arrêt des nouvelles personnalités qui éclatent, des nouveaux styles, des créations invraisemblables et puis après, exactement comme dans la création du monde, ça se ralentit, ça se refroidit etc. ça s'atomise, ça se diversifie et donc ça devient moins excitant etc. Ce qui ne veut pas dire pour autant que c'est mort, que ça ne se pratique pas etc et donc évidemment le rock des années 60, une partie des années 70 est évidemment beaucoup plus créatif, plus dense, sans arrêt se régénérant, qu'il ne l'est aujourd'hui. Ce qui ne veut pas dire qu'il n'y a pas aujourd'hui des artistes formidables et de la création intéressante mais on est plus dans le big bang ou dans la première période.

Philippe Chauveau :
Merci beaucoup Yves Bigot. Votre livre vient de sortir aux éditions Don Quichotte, ça s'appelle « Quelque chose en nous de Michel Berger ».

< retour remonter ^